Petite Soeur Magdeleine de Jésus

     1950-vers le cameroun  Née à Paris en 1898, mais originaire de Lorraine, Magdeleine est la plus jeune des enfants de la famille Hutin. La guerre de 1914 va la marquer profondément : son village est détruit par les bombardements, sa grand-mère est fusillée par les allemands, ses 2 frères meurent au front… Son père, ancien médecin militaire en Tunisie, avait compromis sa carrière pour sauver un petit garçon arabe atteint de diphtérie. Il lui communique son amour des peuples d'Afrique du nord, et tout particulièrement des nomades.

 

Une longue attente

 

Élevée dans une foi profonde, très jeune, Magdeleine pense à la vie religieuse. En 1921 après la lecture de la biographie de Charles de Foucauld par René Bazin elle se sent attirée par cette vie: partir au Sahara, vivre la vie cachée de Jésus de Nazareth, et crier l'Évangile par toute sa vie ; mais cela paraît irréalisable du fait de sa santé fragile. Pour vivre, elle travaille comme directrice d’une école des sœurs du Sacré-Cœur à Nantes. Chaque soir, dans la chapelle des sœurs, elle demande à Jésus Maître de l’impossible la grâce d’aller au Sahara et d’y mourir.


En 1935, son état de santé s’aggrave, elle risque de devenir totalement infirme. Son médecin lui dit que l’unique chose à faire pour stopper le mal c’est d’aller vivre dans un pays sec comme le Sahara. Son directeur spirituel y voit un signe de Dieu et lui dit :«Partez vite! Retenez bien toujours ceci: c'est parce qu'humainement vous n'etes plus capable de rien que je vous dis avec tant d'assurance qu'il vous faut partir parce qu'au moins, si jamais vous faites quelque chose, ce sera bien le Bon Dieu qui aura tout fait car, sans lui, vous ne pourriez rien faire, rien, absolument rien. » Par la suite, petite sœur Magdeleine redira souvent :

“ Dieu m'a prise par la main, aveuglément j'ai suivi...”

Au Sahara parmi les nomades

    En octobre 1936, elle débarque à Alger avec une jeune fille, Anne, qui partage ses aspirations. Elle y rencontre un prêtre qui l'invite à s'installer à Boghari, à 150 km au sud d'Alger, et à ouvrir, en plein quartier arabe, un dispensaire qui prend le nom de «Maison d'œuvre du Père de Foucauld». Elles s’occupent des pauvres du matin au soir, mais cette activité débordante ne satisfait pas son désir absolu de Dieu.
Alors elle part en pèlerinage à El Goléa sur la tombe de Charles de Foucauld. Là, elle rencontre pour la première fois le Père Voillaume, qui venait de fonder à El Abiodh en Algérie, les Petits Frères de Jésus. Cette rencontre marque le début d’une longue amitié entre ces deux disciples du Frère Charles. Elle fait la connaissance de Mg Nouet, Préfet apostolique du Sahara, qui est prêt à l'accueillir comme religieuse et non comme laïque. Elle fait un noviciat chez les Soeurs Blanches à Alger. Magdeleine n'a nullement l'intention de fonder une congrégation, mais l'évêque lui demande de mettre par écrit une ébauche de constitutions . Magdeleine a l'intuition que la réalisation de l'idéal d'une vie contemplative peut se concrétiser dans le partage de la vie des plus pauvres en vivant avec eux, comme eux.

Magdeleine fait sa profession religieuse le 8 septembre 1939 sous le nom de petite soeur Magdeleine de Jésus. Ce jour-là est née "la très petite congrégation de Petites Sœurs nomades " qui vivraient six mois par an sous la tente.
Dès le mois d'octobre, elle vient vivre au milieu des nomades à la périphérie de Tougggourt, à Sidi Boujnan, une oasis à 700km au sud d'Alger. Et pourquoi? Simplement parce qu'elle les aime et qu'elle voudrait le leur témoigner gratuitement. Avec leur aide elle réhabilite une vieille maison abandonnée par les militaires qui deviendra la première fraternité en plein désert. Elle commence la Fraternité avec ses amis nomades musulmans :

  " Touggourt,Sidi Boujnan,ma chère petite fraternité dans les dunes…c’est là que vivaient mes premiers amis nomades : Entre eux et moi,l’amour était si grand ,que jamais je ne pourrais en retrouver de semblable, parce qu’ils ont été les premiers et que j’avais vécu un temps complètement seule avec eux, leur faisant une confiance totale…Et, en cinq ans de présence si proche, pas une fois je n’avais été déçue. "

 

psM et enfants de Touggourt                                                        

Du Sahara au monde entier

Très vite plusieurs jeunes se présentent pour s'engager dans la Fraternité, la nécessité d'un noviciat en France s'impose. En août 1941, les premières novices s'installent près d'Aix-en-Provence, dans une maison appelée «le Tubet». Entre 1940 et 1945 en pleine guerre, elle sillonne la France pour donner près de 600 conférences et parler du message de Charles de Foucauld, faire connaître cette nouvelle forme de vie religieuse vécue en terre d'Islam et chercher les fonds nécessaires à la construction de la maison de Sidi Boujnan. A plusieurs reprises elle frôle la mort durant ces déplacements.

                     “ Dieu m'a prise par la main, aveuglément j'ai suivi...”

En 1946, petite sœur Magdeleine acquiert la certitude que la Fraternité doit s'étendre au monde entier et devenir UNIVERSELLE. Convaincue que c'est la volonté de Dieu, elle renonce sans hésiter à son idée si chère de se consacrer exclusivement au monde musulman..

Monseigneur de Provenchères, nouvel archevêque d'Aix-en-Provence, érige en juin 1947 la Fraternité en Congrégation diocésaine. Il accueille et encourage les initiatives les plus audacieuses de ps Magdeleine: fraternités ouvrières, gitanes, bergères, nomades, et fraternités ouvertes à tous ceux qui sont en marge de la société.
En 1948, la recherche d’une chrétienté arabe, priant en langue arabe, la conduit en Orient : Egypte, Liban, Syrie, Terre Sainte, où les difficultés de la guerre ne l’ont pas empêchée d’y envoyer des soeurs.
En 1950 ps Magdeleine entame « le tour du monde » ; en 4 ans elle visite les 5 continents à la recherche des milieux les plus pauvres, les plus délaissés pour y planter des fraternités :
              " Tu devras y aller, de préférence, parce que, si tu n’y vas pas, jamais peut-être personne n’ira vers eux pour leur dire que Jésus les aime, qu’Il a souffert et qu’Il est mort pour eux "

Ps Magdeleine ressent également un appel très fort à aller là où les chrétiens sont persécutés derrière des frontières fermées. « Je n’ai pas pu supporter qu’un seul rideau de fer puisse fermer un seul pays au message du Frère Charles...» disait-elle. Et de 1956 jusqu’à sa mort, chaque année, elle fera un voyage dans les pays communistes de l’Europe de l’Est. 

 

      Au cœur de toutes ces fondations, elle plante des fraternités d'adoration aménagées pour un temps de retraite  ou  de prière plus long pour les petites soeurs.
   A Noël 1949, ps Magdeleine renonce à la charge de prieure générale pour se consacrer à l’extension de la Fraternité.
   Le 8 septembre 1989 la Fraternité fête ses 50 ans d’existence.

    Deux mois après, ps Magdeleine fait le grand passage vers son bien Aimé Frère et Seigneur Jésus à Tre Fontane (Rome)  le 6  Novembre 1989.

   

 

     Ses funérailles ont rassemblé des personnes de différents rites, religions, pays, culture, comme le reflet de son coeur élargi aux dimensions du monde.

" Si on me demande de résumer en un mot notre mission,
                                          je n’hésiterais pas une minute pour crier UNITE…. "

 

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