Fidélité: 70 ans de vie religieuse

Petite sœur Marie Jacqueline a célébré les 70 ans de vie religieuse à Mallemort, en France.. Voici comment elle parle de sa réponse à l’appel du Seigneur à le suivre dans une « vie nomade ».

« Ma vocation religieuse a commencé par un coup de foudre pour le Seigneur ! J'allais avoir 20 ans. J'en ai 93 maintenant et je fête cette année mes 70 ans de profession dans la Fraternité des Petites Sœurs de Jésus. Un coup de foudre cela ne s'explique pas, cela se vit. Par ce coup de foudre j’ai compris que Dieu serait le premier dans ma vie. Mais où ? Et comment ?

Où ? La réponse, très vite, m'a semblé être dans la vie religieuse ; mais dans quelle congrégation ? Aucune ne faisait allusion à une vie avec les nomades du Sahara (depuis si longtemps je pensais à ceux d'Algérie), mais après bien des recherches j'ai trouvé deux adresses : les Petites Sœurs du Sacre Cœur à Montpellier, les Petites Sœurs de Jésus à Aix en Provence. Toutes deux dans la ligne et la spiritualité du père de Foucauld à Tamanrasset. Ce qui m'attirait beaucoup car à 12 ans j'avais vu le film L’Appel du silence sur la vie de Charles de Foucauld et en particulier sa vie avec les nomades Touareg. Je suis donc entrée à la Fraternité des Petites Sœurs de Jésus en sept 1944. à Lyon. Pendant notre noviciat pte sr Magdeleine, avant de repartir à Touggourt en Algérie, nous réunissait chaque matin pour nous dire comment vivre cette vie de petites sœurs à la suite de Jésus. A la fin, avec chaque novice (nous étions 5) elle revoyait ce texte - qui deviendra le Bulletin Vert - pour savoir si c'était cela que nous étions prêtes à vivre. Pour moi de cet entretien j'ai retenu surtout que : « Il ne faudra jamais, jamais abandonner notre consécration à Dieu pour nos frères et sœurs musulmans .»

En 1950 naissait la première tente dans l’ouest de l’Algérie, à El Abiodh Sidi Cheikh, tribu de grands nomades arabes ayant beaucoup souffert de la famine en 1945. C'est là aussi que vivaient Ies Petits Frères de Jésus. Je pensais vivre là jusqu'à mon dernier jour.

J'ai compris très vite que mon désir n'était pas tout à fait ajusté à celui du Seigneur, car il m'a été demandé d'être pour un temps maitresse des novices. Et d'autres tentes aussi naissaient : au Maroc chez les Berbères, très ouverts et joyeux ; à Tamanrasset chez les Touaregs du Hoggar où avait vécu Frère Charles ; à Kerbubu au Niger avec les Touaregs du Niger, très chers à nos cœurs ; en Jordanie, en Syrie, tout un autre monde arabe ; en Somalie chez Ies Afars, un milieu plus fermé qui a bien voulu nous ouvrir son campement. Sous ces tentes dans j'ai eu le bonheur de découvrir d'autres peuples nomades, de quoi élargir le cœur et la prière pour tant d'amitié vécue.

 La dernière tente fut celle de Nguigmi chez les Toubous, d'abord en 1971, équipe volante de 3 mois avec ps Jeanne Loïque, Odile Simone et moi-même pour trouver un lieu d'accueil puis fondation en 1973.

Finalement je découvrais la capitale : Niamey en vivant 10 ans avec ps Martine dans deux pièces d'une concession qui comportait 7 familles, avec lesquelles nous avons vécu une très belle amitié. Puis le reste des années à la fraternité régionale à Niamey où j'ai pu découvrir son Eglise, petite mais si vivante et sa population si accueillante.

Maintenant je ne puis que dire merci au Seigneur pour ce rêve d'une vie avec Ies nomades, rêve réalisé et encore plus beau que ce que j'avais rêvé puisque c'était dans la rencontre et l'amitié avec des personnes dont je garde le visage, le souvenir. Et aujourd'hui, c'est à la maison de retraite de La Pinède à Aix-en-Provence que je vis comme les autres résidentes - ce n'est plus une« vie avec» mais une « vie comme eux » - même âge et mêmes handicaps, dans un temps qui nous prépare tous à la Rencontre désirée et attendue avec le Seigneur. »

                                                            

mots-cles: 

 
 
 

Contacts