Un « OUI » qui mène à la vie.

« Tu aimerais aller cette année à la communauté de Damas ? Oui, bien sûr !!! »… et c’est dans un grand enthousiasme qu’avec mes sœurs, Jeanne d’arc et Mariam Nour, je quitte le Liban pour Damas. Je retrouve avec joie ce quartier dans lequel j’ai vécu ma seconde année de postulat, notre paroisse, nos voisins. Petit à petit, je commençais à me « remettre dans le bain » parce que beaucoup de choses ont changé en 7 ans…

Tout allait bien les premiers jours mais voilà que, peu après, le son des bombes – que, apparemment, on n’entendait plus depuis 1 an – recommençait à retentir. Avec le temps, je pouvais discerner si c’était des bombes lancées ailleurs ou qui tombaient dans la région, et involontairement, j’étais soulagée quand c’était des « départs », sachant que beaucoup vont mourir de l’autre côté.

Un jour, deux bombes tombent tout près de la fraternité, j’étais seule à la maison. Toutes sortes de peurs me saisirent : peur pour moi, peur qu’il ne soit arrivé quelque chose à mes sœurs, peur pour nos voisins… et je pensais : « mais qu’est-ce que je fais là, je suis folle ou quoi ? Non je ne suis pas « prête à tout », comme je le prie tous les soirs dans la prière d’abandon de Charles de Foucauld, je ne suis pas encore prête à mourir… ».

A partir de ce jour-là, ma prière est devenue plus intense. Depuis longtemps, je commençais ma journée en remerciant le Seigneur pour la nouvelle journée qu’Il me donnait à vivre ; maintenant cette prière prenait tout son sens, ainsi que la prière d’offrande de ma vie.

Durant le week-end de prière, j’ai décidé de prendre le temps pour discerner ce qui est mieux : demander à quitter ou rester en Syrie. Et la raison ?  Rester par orgueil ( peur de passer pour une lâche) ou par amour ? Et c’est comme cela que j’ai renouvelé mon « oui » avec moi-même, oui je désire vivre ici par amour pour ce peuple courageux qui, depuis sept ans, se bat pour la vie…

Je continuais dans la joie avec mes sœurs à vivre au jour le jour, sachant que ce que l’on a planifié risque d’être annulé en dernière minute, apprenant ainsi à vivre l’abandon.

Mais voilà que, ces derniers jours, la situation devenant plus dangereuse, on me demande de rester temporairement au Liban jusqu’à ce qu’elle s’améliore. Cela m’a fait l’effet d’une bombe !, mais là aussi, j’apprends ce qu’est le vrai abandon et l’obéissance par amour. Un « oui » amer, un « oui » auquel on n’adhère pas profondément, empoisonne la vie alors qu’un « oui » dans la foi libère. Dans l’obéissance, on est toujours sûr de ne pas se tromper. C’est ainsi qu’aujourd’hui, malgré la souffrance, je me prépare à vivre dans notre fraternité à Beyrouth pour un temps incertain, avec la décision de vivre pleinement le moment présent, rendant grâces au Seigneur pour la paix profonde en moi et pour toutes ces occasions qu’il nous donne pour grandir en Lui.

             petite soeur Nadine Marie

 

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