Vivre Nazareth

 Vivre Nazareth est tout à fait simple et en même temps difficile... « Il y a trop de rien ici » dit un
poème... c'est vrai ! A Nazareth il y a trop de « rien ».

Je le découvre dans la suite des jours où rien d'extraordinaire se passe, dans les discours banaux qui
se répètent sur les mêmes sujets, dans la monotonie d'un travail qui ne donne pas beaucoup de
gratifications, dans les simples gestes de chaque jour devenus automatiques...

Mais rester à Nazareth, où le rien est trop et donc il devient le « tout », est aussi passionnant. Ceci me demande de faire attention à la plus petite miette d'humanité et à ne pas la laisser tomber, de chercher à tout prix la beauté et l'harmonie, parfois si cachées, parfois évidentes au point d'éblouir.

Me provoque à deviner le visage de Jésus dans les visages, sauvant si abîmées, où il aime prendre chair. M'invite à ne pas m'évader dans le rêve d'un autre temps ou d'un autre lieu.
Contrairement au plaisir de l'instant fugace, me sollicite à « demeurer » parce que le grain de blé a besoin de temps pour mourir et donner du fruit.
 

 

Nazareth me remodèle si je me laisse faire : affaiblit mes sûretés, me rend obéissante à la Vie, à ma condition de créature.

Y rester me demande intelligence et ouverture, m'apprend aussi à sourire des autres et de moi-même, en me reposant sur la certitude « que je dorme et que je me lève, nuit et jour, la semence germe et pousse je ne sais comment...»

 
 
 

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